TOUT VIENT A POINT

 Chers amis, 

Après 5 ans d’efforts le résultat est là.

Notre bébé vient de naître, il s’appelle “Chante Cocotte”. 

Autant l’avouer tout de suite, nous avons eu beaucoup de chance: les fées étaient penchées sur son berceau.

Les quelques lignes qui suivent racontent cette singulière histoire.

C’est en achetant une vieille maison au milieu de la campagne que nous avons trouvé, dans le même lot et autour, 3 petites vignes en piteux état.

Après avoir hésité (les arracher ou pas?) après nous être renseignés sur leur âge, leur cépage, nous avons décidé de les garder. Un pari, rien de plus. Pour les  remettre en état, il fallait trouver un vrai chef de culture. Un homme capable de regarder la plante, de la comprendre, de la tailler, de lui apporter les éléments qui lui manquaient. Cet homme extraordinaire ce fut, c’est Monsieur Robert. 

Cela a pris trois ans. Trois ans de travaux intensifs, d’attentions. 

Jean Pierre Cousinié expert des sols est venu nous prodiguer ses conseils. A sa question posée: “Qu’attendez-vous de cette terre?” Je lui ai répondu, en forme de boutade: “ M. Cousinié, nous ne voulons pas faire un bon vin, pas même un grand vin, ni un  cru, ni un grand cru classé. Nous voulons faire un vin remarquable. Seulement ça.”  Mr Cousinié nous a aidé.

Il fallait ensuite trouver une petite cave. Exposée au Nord de préférence. Il y en avait une dans le village de Fontcouverte, inutilisée depuis très longtemps, exempte de mauvaises odeurs et il fallut la remettre en état de marche. Nous l’avons fait. Avec Monsieur Bernard  que nous appelons affectueusement “Le Rafael de Paula de la vinification”.

Nos premières vendanges ont commencé à la mi septembre 2010 par temps couvert, vent marin, journée à température constante. Nous avions choisi, sur le conseil de Philippe Courrian (propriétaire de La Tour Haut Gossan, Médoc) dans la parcelle dite “hors les murs” de notre petite propriété (3 hectares) les 8 rangs qui nous semblaient avoir atteint  leur maturité phénolique et nous n’avons gardé que les grappes saines. Ce fut un long travail.

Amenée en cagettes à la cave, la vendange, égrappée, triée sur table et  non foulée à été “jetée” en cuvier inox. Par gravité. Lorsqu’il (ce futur vin) fut au frais en cuve – depuis 2 jours –  Claude Gros (œnologue) passant par hasard par là voulu le goûter et l’ayant fait, il se tourna vers nous et lâcha: “Si vous faites attention, vous avez une bombe Et si vous voulez, je vous le surveille, juste pour le plaisir, cadeau”.

Face a un tel présage, nous sommes restés muets. Et ravis.

En fait, le travail commençait.

Ainsi après l’avoir choyé,  après qu’il ait passé 28 jours dans le cuvier où le pigeage quotidien (ça ressemble en gros à la façon de tourner le riz pour le risotto, à part que c’est de haut en bas) fut pratiqué avec précaution, nous l’avons  soutiré et mis en barriques neuves. La barrique, si elle est bonne, peut être le gras du jambon Pata Negra (les connaisseurs apprécieront) et arrondir, donner de la souplesse au vin en respectant ses arômes. 

Nos barriques issues de merrains de la forêt de Tronçais furent époustouflantes.  Ce vin, nous l’avons “bâtonné” régulièrement. Nous n’avons pas ajouté de vin de presse.

 Et nous avons laissé faire le temps en surveillant nos barriques comme le lait sur le feu. Il a dormi 20 mois dans ces tonneaux où il à fait, au début de l’été 2011, sa fermentation malolactique. Nous l’avons goûté tous les 2 mois. 

A la dégustation du 21 nov 2011, Philippe Courrian a écrit: “ Attaque merveilleuse, groupée. On est dans les bois du côté du cèdre, de l’accacia, du robinier. A ce stade, difficile de prédire l’avenir. Attendre encore quelques mois. Pourtant, impression de climats du Sud.” Et  M. Bernard   dit : ” Depart de nez eucalyptus. Milieu de bouche très élégant, d’accord avec Philippe, finales encore non établies.”

Les mêmes parlent en Février 2012: P. Courrian dit:  “On est encore plus dans les bois précieux, je pense à un plumier ramené du Maroc, l’attaque n’est pas du tout bordelaise, impression de mohair, plus tard côté fer, capsule.” et Mr Bernard dit: “Nez très exotique, équilibre, ressemble à un vin de garde, tannins soyeux, grande complexité et  surprenante longueur en bouche.

Nous l’avons mis en bouteille le 19 avril 2012, premier jour fruit dans le calendrier lunaire.
Pas de collage. 

Et le voilà.